Jeudi 7 mai, une journée dédiée à l’armée et à la jeunesse au collège Émile Durkheim de
Peujard a réuni des élèves de classes de 3e « CDSG » de 5 collèges de Gironde (collège de Peujard, collège de Saint Ciers-sur-Gironde, collège de Blaye, collège de Saint-Yzan-de-Soudiac, collège Montaigne de Lormont) à l’initiative du Centre du service national et de la jeunesse (CSNJ) de Bordeaux.
Le contexte international actuel est anxiogène. Cette anxiété, réelle, est instrumentalisée pour
convaincre massivement la population des choix politiques qui sont en réalité ceux qui permettent
aux capitalistes de garantir la perpétuation de leur système au détriment des intérêts des populations
et des peuples. Parce que dans les faits, il n’y a rien d’inéluctable à l’impérialisme et aux guerres !
Défendre alors le droit international et l’émancipation, oblige à acter ces terribles évolutions et à
s’opposer à toute militarisation de la société à commencer par celle de notre jeunesse ! Il s’agit bien
d’imposer le choix de la paix, pas de façon abstraite, mais d’agir car c’est la seule perspective
émancipatrice collective possible.
Or cette militarisation précoce est un phénomène profond qui a cours depuis de longues années et
qui concerne surtout les élèves des milieux populaires comme le suggère les 5 collèges retenus en
Gironde par le CSNJ.
Les Classes de Défense et de Sécurité Globale existent depuis 2005 et fonctionnent sous la forme
actuelle depuis 2016 selon un protocole interministériel entre le Ministère de l’Éducation Nationale
et celui des Armées. Elles ont été particulièrement impulsées après les attentats de 2015 dans le
cadre du plan « développer les liens entre la jeunesse, la défense et la sécurité nationale ». Une unité
militaire parraine une classe DSG. Dans plus de 70% des cas, cela se passe en collège.
Le ministère annonce plus de 500 classes concernées mais une note récente indique qu’une centaine
d’établissements seulement sont concernés, dont 20% en éducation prioritaire. Sur le terrain,
l’organisation varie alors selon le type d’établissement. Là où les élèves ont un Indice de position
social (IPS) élevé, il s’agit le plus souvent de temps d’échanges à l’occasion de cérémonies
mémorielles alors que dans les établissements au public les plus défavorisés, il s’agit davantage de
sorties avec les unités militaires ou d’événements sportifs.
Ainsi nous pouvons analyser les transformations scolaires actuelles sous cet angle. Tous les
protocoles qui se mettent en place que ce soit dans l’Éducation nationale ou à la Protection
Judiciaire de la Jeunesse, toutes les attaques sur les apprentissages créateurs de sens critique, tout ce
qui vise à uniformiser les savoirs et à promouvoir un modèle de prise en charge éducative militarisé
sont autant d’éléments qui préparent les jeunes générations à ne pas se questionner, ne pas contester
et à accepter ce qu’on leur impose.
Mais le gouvernement va encore plus loin. Extension des classes défense, projet de service militaire
volontaire, Journée Défense et Citoyenneté, guide produit par le Ministère de l’Éducation Nationale
intitulé « acculturer les jeunes à la défense » ou l’intrusion de l’armée dans les établissements scolaires. Tout cela s’inscrit dans une même stratégie : préparer socialement et idéologiquement la jeunesse à accepter la guerre comme horizon.
Et dans une période de restriction budgétaire pour l’ensemble des services publics, les budgets
militaires eux augmentent contrairement à ceux de l’éducation, la santé, l’écologie ou la culture.
Renforcer l’armée, plutôt que de prendre en charge la réussite scolaire de toutes et tous les élèves,
est un choix politique détestable. Privilégier l’encasernement de certain.es montre le projet pour la
jeunesse de certain.es hommes et femmes politiques une fois au pouvoir. La présence de la député
RN du Nord Gironde, Edwige Diaz, venue récompenser les participant.es en est une illustration.
Pour la FSU33, comme toutes les structures éducatives prenant en charge enfants et adolescent.es,
l’École doit être un lieu d’émancipation et non un terrain d’endoctrinement. Nous dénonçons donc
tout ce qui diffuse une vision du monde où l’armée est présentée comme solution éducative, où
l’obéissance remplace l’esprit critique, où le recours à la guerre est légitimé devient une nécessité
absolue.
GIRONDE